WULFENITE

  PbMoO4

Musonoi  &  Shinkolobwe, Katanga, R.D. Congo

Photo 1 : Wulfénite (cristal idiomorphe long de 0.7 mm), Musonoi.

Photo 2 : Wulfénite, monocristal biterminé (2.5 mm), Shinkolobwe.

Photo 3 : Wulfénite (4 mm), Shinkolobwe.

Photo 4 : Wulfénite (1.4 mm), kasolite, torbernite - Musonoi.

Photo 5 : Wulfénite, épigénisée par de la kasolite, Musonoi.

Quelle que soit la taille des cristaux, la wulfénite est toujours attrayante et ne passe pas inaperçue grâce à ses belles couleurs, spécialement à Musonoi. Comme le montrent les échantillons de Shinkolobwe, l’habitus peut varier beaucoup. La wulfénite n’est présente dans ces deux localités qu’occasionnellement et sous la forme de cristaux submillimétriques à millimétriques. 

Minéral bien connu depuis très longtemps (1841), nous ne soulignerons que sa morphologie bien particulière à Musonoi. Alors que la wulfénite apparaît ailleurs dans le monde sous la forme de prismes tabulaires plus ou moins épais, souvent tronqués par une dipyramide et terminés par le pinacoïde basal, pouvant prendre un aspect cuboïde comme à Los Lamentos (Mexique) et alors que ce minéral cristallise aussi sous la forme de prismes courts terminés d’une dipyramide tronquée ou non par le pinacoïde basal, il peut également cristalliser en dipyramides peu étirées. Des formes secondaires peuvent plus rarement les modifier encore. Ces variations d’habitus sont tributaires des conditions de Ph ou de Eh qui régnaient lors de leur croissance. L’habitus constitue ainsi une excellente « boîte noire » pour le géologue.


Les wulfénites de Musonoi se différencient quelque peu de ce schéma en cristallisant sous l’aspect de prismes plus allongés terminés par le pinacoïde. Ils peuvent aussi prendre l’apparence de tonnelets.

Les exemples illustrés de Musonoi (photo 1) sont le résultat de la combinaison des prismes {110} et {150} (indexation vraisemblable pour ce dernier). Vu de face, le pinacoïde {001} prend ainsi l’aspect d’un octogone irrégulier produit par les faces respectives des 2 prismes formant entre elles des angles 4 à 4 égaux.  

Quant à eux, les cristaux de wulfénite de Shinkolobwe ont un habitus tout différent, apparaissant sous la forme de dipyramides quadratiques anormalement pentues. Leur teinte est de couleur chamois. 

Quoi qu’il en soit, l’observation d’une cavité de Musonoi, ornée de kasolite jaune orange, entourée de torbernite d’un vert transparent et ponctuée de quelques cristaux rouges isolés de wulfénite constitue un spectacle irréel et féerique. On comprend mieux tout l’intérêt suscité sur l’amateur par de tels ensembles cristallins, malheureusement rares. Hélas, la reproduction photographique globale est rarement possible, suite à une profondeur de champ très limitée pour ces petits cristaux.

Roger WARIN